Etre tellement, Jean-Luc Marty

Etre tellement, Jean-Luc Marty

La mystique du trio Antoine Delacourt, Louise Fabre, Everton Dos Santos.

Parti dans la région du Nordeste pour le tournage d’un documentaire, Antoine tente de se délester du poids du passé. Rescapé d’un tremblement de terre, il cohabite encore difficilement avec les fantômes croisés au Bangladesh. Il s’en remet à l’expérience d’un guide local, Everton, pour le guider à travers cette région désertique du Brésil.

Dès les premières lignes, Antoine croise furtivement Louise. Musicienne, épouse d’un homme d’affaires français, Louise conte à son ex professeure de musique, Margaret, sa lassitude de la routine du couple. Louise se sent étrangère chez elle. « Louise est là pour s’évanouir » : elle laisse s’installer la distance, entre elle et ceux qu’elle aime, et s’abandonne lentement aux bras d’Antoine. « Luisa Louise. C’est une proposition, un prénom. Elle lui avait offert cela. D’entrer à un moment de sa vie où tout ce qu’il devait retenir d’elle s’y trouvait. Plus qu’un secret d’enfance, elle le chargeait d’un monde. »

La singularité

Antoine entrainera Louise dans son périple et Everton s’avèrera être plus qu’un simple guide. Dans une partie du Brésil dont l’hostilité (et la croisée d’un mort), permettront aux personnages de dévoiler ce qu’ils ont de plus intime, le relief, proposé par l’auteur, est particulièrement intéressant. Le Nordeste brésilien n’est pas un simple décorum : il permet la mise en perspective des interrogations existentielles des trois protagonistes et donc l’avancée de leur quête. Ce n’est pas pour le Brésil que vous partez, mais pour une introspection.

Derrière le titre, une promesse

Un voyage inédit au titre annonciateur, Etre tellement. Quel titre! Un voyage comme un déclencheur, une prise de conscience ? La conscience permet à l’homme de réfléchir sur lui-même, sur sa place dans le monde, et de lentement se transformer. C’est cette capacité qui distingue l’être humain de tout autre chose. « La pensée, disait Descartes, est plus sûre de sa propre existence que des choses extérieures. ». De part sa conscience, l’homme paraît comme nu au monde et peut ainsi entrer en relation.

La relation à autrui permettra à Antoine, Louise et Everton, de se retrouver pour ce qu’ils sont de plus justes et de plus sincères. Délestés des masques et des non-dits ! Déchargés du poids du passé. Trois personnages engagés dans une unité de temps, de lien, une unité dans leurs représentations, un ensemble qui permet la cohérence de l’histoire.

C’est la belle proposition du roman, de Jean-Luc Marty, qui ne laissera pas le lecteur indifférent. Une écriture fluide, des mots choisis et une analyse très pertinente. Une superbe recommandation pour la rentrée !

Retrouvez une interview de l’auteur, réalisée en Juillet par la célèbre librairie Mollat de Bordeaux.

Etre, tellement, de Jean-Luc Marty aux éditions Julliard (Août 2017)

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