Quand le fond épouse la forme

Quand le fond épouse la forme

Quand le fond épouse la forme, Au commencement du 7ème jour, Luc Lang aux éditions Stock (2016)

Le titre est fin chez Luc Lang pour ce nouvel ouvrage : Au commencement du septième jour, son personnage trouvera t’il le repos, le calme intérieur, l’apaisement nécessaire à la reconstruction ? Une qualification mystique pour un récit dans lequel tout à chacun peut se retrouver.

Camille et Thomas, un couple en apparence sans histoires. Une rencontre en école d’ingénieurs, un amour lié à une ascension sociale naissante et grisante, un travail prenant, deux jeunes enfants et la certitude de jours meilleurs. Thomas prend soin de sa femme pendant que Camille s’éloigne progressivement de cette famille, en quête de perfection, pour aiguiser sa carrière loin de Paris. C’est leur anniversaire de mariage, « mot qu’elle a du mal à prononcer », et Thomas prépare hâtivement cette soirée. Camille ne rentrera jamais du Havre où elle officie. Un terrible accident de voiture survient, sur une route inconnue de Normandie, la clouant au silence et à l’incompréhension de son mari. Ainsi démarre le livre 1 de l’ouvrage composé de trois parties. Donnons honnêtement quelques clés de lecture : ni la cause de la disparition, ni le mystère de cette route glissante, ne seront révélés, et le lecteur, naturellement attiré par un certain mystère, restera pour ces points sur sa faim. L’objet de ce récit n’est pas l’enquête mais la quête.

A travers deux personnages intimes entourant Thomas dont Jean, frère soixante-huitard fuyant la société libérale pour le calme de l’élevage de brebis de la propriété familiale, et Pauline, sœur ainée et docteure en médecine, engagée au Cameroun, aux prises de la corruption et des menaces intégristes, les trois livres se structurent: les non-dits restent très présents, les personnages taiseux mettent du temps à se dévoiler, les sentiments et les émotions se révèlent autrement que par le langage. Le lecteur doit se laisser porter par le présent, ce que lui offre l’auteur aux mots près, et ne pas chercher plus. Et cette expérience est portée par l’écriture : de longues phrases animées de nombreux adjectifs, des descriptions sans fin, peu de ponctuations et des points de suspension … interminables ! J’ai tant cherché le pourquoi derrière les dizaines de points de suspension de ce livre. Il est inutile de le faire : se laisser porter dans ce récit très moderne, où le fond épouse la forme, est l’unique proposition.

Suite à la disparition de Camille, Thomas part en quête de ce qu’il est, de son passé, de sa relation à la fratrie. Il part trouver, aux côtés de ses jeunes enfants, du sens à sa vie, des réponses aux questions longuement ruminées, ressentir la beauté du monde, les sensations de la nature, une nouvelle conscience et attention à autrui. De l’anxiété à l’émerveillement, la palette émotionnelle est entièrement traitée. Je conseille aux lecteurs de s’accrocher dans les premiers moments du livre qui se déploient lentement. A très bon escient !

Au commencement du 7ème jour, Luc Lang aux éditions Stock (2016)

www.editions-stock.fr

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