Polar social

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Polar social : Ce qu’il nous faut, c’est un mort, de Hervé Commère, aux éditions Fleuve Noir.

Formidable écriture, quelle belle découverte que le conteur Hervé Commère !

Autour d’un titre accrocheur et noir, Ce qu’il nous faut, c’est un mort, l’histoire commence intensément. Nous sommes le 12 juillet 1998 et la France s’embrase avec son équipe de football. Et 1, et 2, et 3, les actions se déroulent parallèlement : comment un viol, un accident de voiture, la naissance d’un enfant, et la rencontre du grand amour, sont-ils les résultantes d’un destin ? D’émouvants personnages, de tous les âges, prennent forme au fur et à mesure que le temps passe. C’est le temps d’une époque, celui de tous les possibles. Nous sommes au sortir de la Grande Guerre et le jeune Gaston Lecourt, accompagné de sa sœur Marguerite et de sa meilleure amie Rose, se lance dans les Ateliers Cybelle, où la création des premiers ensembles de lingerie accessibles à toutes. Les Ateliers Cybelle deviennent rapidement le joyau de la région Normande de Vrainville. Fort de son succès, Gaston sent sa fibre sociétale explosée : il rentabilise vite la société, fait de bons choix, toujours centrés autour de l’humain, développe les emplois, et se sent utile en tout point. Invincible ! Sa descendance ne suivra pas cet élan, respectant ainsi le vieil adage expliquant qu’une génération est nécessaire pour construire une fortune, et deux pour l’enterrer définitivement. La vente des Ateliers aura lieu dans une indifférence certaine. Ce qu’il nous faudrait, c’est un mort …

Les personnages sont intelligemment dépeints et s’inscrivent dans notre époque : ce sont nos grands-parents, nos parents, nos enfants, et leur association est captivante. L’histoire ne nous épargnera pas les périodes plus noires, le chômage, le manque de moyens, l’individualisme. Sans faux-semblants, sans hypocrisie, avec une pointe de cynisme, Hervé Commère revient sur un siècle dont l’une des résultantes est le repli sur soi. Un récit noir, contemporain, aux nombreux rebondissements. Un récit qui sonne juste !

Le quarantenaire Hervé Commère n’a lui même pas toujours été écrivain. Foncez sans hésiter et plongez dans la lecture de Ce qu’il nous faut, c’est un mort. De par son succès, il épouse impeccablement la citation de Diderot: « Nous croyons conduire le destin ; mais c’est toujours lui qui nous mène ».

L’auteur : Hervé Commère est né en 1974 à Rouen et vit aujourd’hui à Paris. Publié la 1ère fois en 2009, J’attraperai ta mort, il écrit ensuite Les Ronds dans l’eau (2011) et Le Deuxième Homme (2012) aux Éditions Fleuve Noir. Les Ronds dans l’eau a été lauréat du prix Marseillais du Polar 2011 et du prix du roman de la ville de Villepreux 2011.

Ce qu’il nous faut, c’est un mort, de Hervé Commère. Aux Editions Fleuve Noir.

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